Auteurs: Personne(s)
Solidarité par Internet
Solidaires grâce à Internet
Début octobre, grâce à une amie, je fais un blog. Cela me permettait de correspondre avec des personnes que je ne connaissais pas.
Mi-novembre, je tombe sur le blog d’une femme habitant dans les Vosges : elle se trouve expulsée par son mari et va habiter une caravane avec ses quatre enfants ; elle faisait un appel au secours sur son blog.
J’ai lu plusieurs fois sa pétition. Je l’ai signée et je suis entrée en contact avec elle par un commentaire laissé sur son blog.
Je lui parle de la loi Dalo. Elle va à la préfecture chercher son dossier. Elle le montre à son assistante sociale qui ne connaissait pas cette loi. Celle-ci l’aide à présenter son dossier. Il a été accepté en commission et elle a obtenu un appartement Type 3.
Elle m’a dit sur mon blog : « C’est toujours ça. C’est mieux que la caravane. » Elle reste prioritaire pour un logement plus grand. Depuis, tous les soirs, on s’envoie un commentaire sur nos blogs.
On a souvent dit qu’Internet ne "créait pas de relations" ou ne pouvait que "prolonger les réseaux existants". Rien n’est moins sûr.
Au contraire, jusqu’ici j’observais que le relatif anonymat d’Internet permettrait plutôt de dépasser (souvent pas de beaucoup) les groupes sociaux auxquels on appartient. Et que, de proche en proche, des relations se créent.
J’avais cependant quelques doutes que celles-ci puissent aller jusqu’à des personnes très pauvres. Je ne connais pas la situation de cette dame... mais il est vrai que le fait de se faire expulser et de ne pas trouver de solutions par la famille ou l’environnement révèle des difficultés...
Au fond, peut-être que les liens au travers d’Internet permettront d’aller jusqu’à ceux qui sont déconsidérés de tous ?
CyberPolska
Laurent Jerinte, consultant, vient de nous signaler cet Observatoire francophone d’Internet et des NTIC en Pologne, qu’il anime.
C’est un fait que la Pologne, depuis plusieurs années, est dans une phase très intense de développement, en partie ’boostée’ par l’adhésion au marché européen. A côté de conséquences moins dramatiques que l’immigration d’adultes laissant leurs enfants au pays, il y a tout ce boom de l’Internet.
Un développement qui a des aspects intéressant, comme celui signalé sur le site ’L’UKE veut un internet gratuit pour les plus démunis’, noté par ailleurs sur ce site.
Un autre aspect est celui de l’innovation, qui accompagne ce formidable développement. Il est toujours passionnant d’aborder un peuple par ce qu’il crée, invente.
L’Observatoire... observe, bien évidemment. Espérons que la réalité permettra vraiment un accès à la communication et au savoir qui aille vraiment jusqu’aux plus démunis qui le désirent.
Internet pour chacun
Dans une émission à France Inter, Dominique Dardel livre ses réflexions sur la participation de tous les citoyens à la société telle qu’elle est aujourd’hui.
Pour lui, le terme "fracture numérique" ne conduit guère qu’à du replâtrage, à une action "à la marge" où l’on établit quelques connections, où l’on donne un peu de matériel, fait quelques formations... mais en réalité où on ne résoud rien sur le fond.
De son point de vue, il existe de vrais "noyaux durs" de personnes éloignées d’Internet, où "ce n’est pas dans leur culture" de se servir de ces outils, et où il faut un vrai accompagnement (long) personnalisé. Ces noyaux durs sont une part importante de la population.
Car si on ne fait rien aujourd’hui, alors demain ces personnes seront mises à l’écart parce qu’elles "ne sauront pas"... Il faut donc que ceux qui savent partagent aux autres ! L’avenir, c’est de travailler ensemble à plusieurs en ligne...
Ecouter (podcast) l’interview.
Bilan mitigé du cartable électronique dans l’Isère (France)
Dans un article du 5 mars 2007 publié dans l’Infobourg, Lucie donnat dresse un bilan très mitigé de cette mise en oeuvre du cartable électronique.
"Globalement, le rapport note que « l’utilisation des Espaces Numériques de Travail (ENT) au collège pose de nombreuses difficultés aux enseignants pour des raisons de différente nature : informatique, organisationnelle, politique, socio-économique et pédagogique. Différentes recherches montrent que les enseignants n’exploitent pas encore pleinement les potentialités des ENT ». Cette étude menée auprès d’enseignants isérois vient confirmer et renforcer cette constatation. L’appropriation par les enseignants n’est pas naturelle et provoque bien des changements dans leur manière d’enseigner et leur statut d’enseignant." En outre, "les ordinateurs n’ont été utilisés que dans les collèges et ne sont pas entrés dans les familles. « L’usage extra-scolaire pour le soutien et l’accompagnement n’a été que très rarement mis en place et l’objectif initial n’a pas été atteint de ce point de vue. En conséquence, les deux types de logique (scolaire et équipement) sont entrées en contradiction », indique le rapport de l’INRP."
De l’illettrisme à "l’analphabétisme informatique"
L’accroissement des écarts de développement, la pression des entreprises ne vont-ils pas conduire à un marquage encore plus fort de tous ceux qui, au Nord comme au Sud, n’auront pas les moyens de prendre "le train de l’informatique" ?
Les mots pèsent leur poids. Dans un article "Maroc : L’analphabétisme informatique, une réalité dans nos entreprises", paru dans Libération de Casablanca et publié sur allAfrica, Mohamed Kadimi fait clairement le lien entre l’analphabétisme existant (ne pas savoir lire, écrire, compter) et la nécessité pour le pays tout entier non seulement de s’équiper, mais aussi de "s’alphabétiser numériquement".
Au-delà de l’effet littéraire d’un titre, n’est-ce pas le marquage, la désignation comme analphabète qui, une fois de plus, va condamner les plus faibles à l’exclusion ?
Lirel’article : "Maroc : L’analphabétisme informatique, une réalité dans nos entreprises"
Centrafrique : témoin de l’accentuation de la fracture entre le nord et le sud ?
Dans une tribune libre intitulée " : Comment les Opérateurs de Télécommunications des pays riches, en particulier ceux de l’Union Européenne, assassinent-ils le Développement National des Télécommunications des Pays Africains ? Une re-colonisation annoncée : l’exemple de la Gateway Internationale Unique de la République Centrafricaine", Fidèle GOUANDJIKA, Ministre des Postes et Télécommunications Chargé des Nouvelles Technologies de la Centrafrique dresse un bilan de la situation.
L’effondrement des prix, contrôlés par les opérateurs du Nord appauvrit en ressources ceux du sud : "cette concurrence brutale et non maîtrisée sur l’accès à l’international a permis une baisse drastique des prix des appels internationaux au bénéficie des consommateurs des pays riches, mais en appauvrissant nos opérateurs nationaux. Cette concurrence continue de freiner les projets de déploiement des réseaux fixe et mobile sur notre territoire, et n’a même pas permis de baisse des prix pour les utilisateurs déjà raccordés aux réseaux existants."
"Les prix se sont effondrés et la stratégie des opérateurs des pays développés a été d’encourager cet effondrement en favorisant ainsi leur maison mère au détriment même de leur filiale locale : saviez-vous que dans la plupart des cas, il est plus cher pour un abonné français au téléphone fixe d’appeler un abonné mobile français que d’appeler un abonné mobile de Centrafrique ?"
Les axes d’actions du dernier Sommet Mondial sur la Société de l’Information ne seraient-ils que des voeux pieux face à la jungle de la concurrence "dérégulée" ?
Lire l’article sur le site de la CDSPTT
Lire l’article sur Africatime
Lire l’article sur Burkina-NTIC
Internet et Développement : Exemple de l’accès, de l’utilisation et de l’impact d’Internet sur les milieux populaires de Rosario, Argentine
Dans le cadre d’un MASTER en SCIENCES DU TERRITOIRE à l’université Pierre Mendès-France (GRENOBLE II), Cindy Drogue a effectué son stage en Argentine auprès de l’ONG Nodo Tau.
Cette ONG, fondée par des professionnels de l’informatique et des communications, travaille auprès de groupes de base : organisations populaires, syndicats et associations, afin de faciliter la diffusion des NTIC auprès des populations les plus éloignées.
Une partie du travail est consacrée aux télécentres et cyber-cafés, lieux créateurs de liens social : "Les personnes rencontrées fréquentent les cybercafés pour avoir accès aux outils techniques mais aussi pour rencontrer du monde et créer du lien social. D’ailleurs 55 % déclarent venir accompagnés c’est-à-dire que la démarche s’effectue, la plupart du temps, dans une recherche conjointe d’échanges et de partages et pas, comme nous l’aurions pensé à priori pour les cybercafés, de manière individuelle. Les structures sont généralement situées, entre 50 et 200 mètres du domicile des personnes enquêtées (dans 84% des cas) ce qui fait d’elles un réel service de proximité. Les personnes les fréquentent avec une grande régularité et pendant un temps conséquent : 70% déclarent y aller plus de trois fois par semaine et se connecter plus d’une heure chaque fois (64%). Pour 77 % des individus rencontrés ces structures sont leur unique lieu d’accès à Internet, pour les autres ils se connectent également à la maison ou au travail mais jamais à l’école." (p. 49)
Son travail est est disponible en ligne sous forme de rapport de stage intitulé "Internet et Développement : Exemple de l’accès, de l’utilisation et de l’impact d’Internet sur les milieux populaires de Rosario, Argentine", sur le site de Psaume.
Internet en Afrique, réalité multiple
Dans un article récent, intitulé "Accès à l’Internet à Ouahigouya. Une réalité aux multiples facettes", le journaliste de Sidwaya, D. Ouédraogo, développe diverses facettes de l’accès à Internet en Afrique : "L’Internet peut être un atout pour les habitants de Ouahigouya pour sortir de l’ignorance au XXIème siècle. Des enfants aux adultes, le désenclavement numérique entre dans les mœurs mais, cela n’est pas sans danger pour les jeunes."
De leur côté, Essi Gnaglom et Cédric Roussel, développent cette même fracture, vue depuis les banlieues, dans un article intitulé "La Fracture Numérique en Afrique", sur le Bondyblog.
L’engagement d’acteurs dans la lutte contre l’exclusion.
Source : @-Brest, EPM du Lyonnais
Date : 2006
Résumé :
Les actions permettant aux publics les plus éloignés (souvent très pauvres et exclus) d’accéder à l’informatique et à Internet reposent souvent sur l’engagement d’acteurs. Plus encore que leurs compétences, c’est aussi une passion, un sens donné à leur métier, un investissement personnel qui donne toute son amplitude aux actions engagées et qui est en même temps porteur de sens, de signification pour les "publics", les personnes concernées.
L’équipe de @-Brest a ainsi mis en ligne quelques portraits d’acteurs de cet accès public à Internet pour les populations les plus éloignées :
- Nathalie Lareur, L’accueil de publics en difficultés à l’Agheb, Le Phare de Brest
- Interview de Nathalie Lareur (mp3 sur le site EPM du Lyonnais)
- Régine Roué, Quartier de Kerourien : un espace multimédia... multi usages.
- Interview de Régine Roué (mp3 sur le site des EPM du Lyonnais)
- Jean-Paul Cosme, médiateur du livre... avec l’ordinateur
- ou, sur le site de l’Injep
On en attend d’autres...
Technologies urbaines, Vieillissements et handicaps
Technologies urbaines, Vieillissements et handicaps
Auteurs : Pennec S. Le Borgne-Uguen F. (Dir.), (ARS, Université de Bretagne Occidentale et M@rsouin)
Date de parution : 2005, Pernnes, Ed. ENSP, Coll Recherche Santé Social.
Résumé : cet ouvrage a pour objet les répercussions de l’introduction des nouvelles technologies et des objets techniques dans les univers de la ville et des habitations. Il étudie la diversité des ajustements qui président à l’acceptation, à la mise en usage et parfois au refus de ces nouveaux objets principalement en matière de mobilité. Comment ces nouvelles technologies permettent-elles aux individus ayant un handicap de maintenir leurs compétences, d’être mobiles et d’exercer leurs activités ? En quoi ces technologies permettent-elles l’accès à des informations, le maintien d’échanges avec autrui ou la réalisation d’activités impossibles sans leur présence ? C’est l’individu dans sa relation avec les objets qui est au centre des questionnements traités. Au domicile, comme dans l’espace public, il s’agit d’interroger les extensions et les glissements d’usage des objets ordinaires et leur capacité à compenser les limites de mobilité des individus. L’objectif est aussi de comprendre les conditions d’acquisition et d’appropriation des objets spécifiquement destinés à compenser les effets des handicaps. L’ouvrage est subdivisé en trois parties. L’une porte sur le domicile et ses aménagements, la seconde est centrée sur les objets de communication et leurs usages, la troisième envisage les liens entre les pratiques et les conceptions des technologies urbaines, en particulier dans le domaine des transports.


