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Un ambitieux plan numérique polonais
La Pologne devrait investir plus de 350 millions de złotys dans l’administration numérique, selon Święta Polska News.
A l’exemple d’autres pays, un projet de numérisation de l’administration polonaise devrait être mis en place dès 2009, encadré par cinq entreprises.
C’est assurément une grande fierté pour la Pologne de rejoindre ainsi les "états modernes"... mais on ne peut pas s’empêcher de se poser la question de savoir si tous les citoyens, spécialement ceux qui ne sont pas formés, qui ont plus difficile,... pourront suivre...
9.000 PC pour combler la fracture numérique en Belgique
PC-Solidarity compte, avec le soutien financier de DNS BE, le gestionnaire des noms de domaines .be, mettre au cours des trois prochaines années 9.000 ordinateurs à disposition de projets éducatifs destinés aux personnes défavorisées afin de réduire la fracture numérique en Belgique.
L’initiative a été lancée mardi dans les locaux de l’ASBL Arktos à Louvain en présence du Prince Philippe.
Selon une enquête, près de 2 millions de Belges n’ont jamais utilisé un ordinateur et 2,6 millions n’auraient même jamais surfé sur Internet. La fracture numérique touche principalement la population inactive, à savoir 40 % des chômeurs et 2/3 des plus de 55 ans. Le niveau d’enseignement joue également un rôle puisque près de 60 % des personnes peu scolarisées n’ont jamais utilisé Internet.
PC-Solidarity a lancé lundi un appel à projets. La Fondation Roi Baudouin se charge de la sélection des candidats. Le premier projet débutera le 19 mars. Le deuxième sera lancé en septembre. Ont le droit de se présenter : les organisations socio-éducatives spécialisées en groupes défavorisés comme les organisations d’aide sociale et de pauvreté, les encadrements de jeunes, les projets de création d’emplois et les centres de formation. Durant la phase pilote, 500 ordinateurs ont déjà été installés. Mais PC-Solidarity s’occupe aussi de la formation et du soutien.
PC-Solidarity est la filiale belge de Close the Gap, une organisation créée il y a 5 ans par des étudiants de la VUB, et dont les activités s’étendent au Bénélux, à l’Allemagne et à la France. Olivier Vanden Eynde de PC-Solidarity a déclaré dimanche espérer que le projet permettra de réconcilier 250.000 Belges avec Internet. Piet Spiessens de DNS BE, a par contre refusé de révéler le montant de l’investissement de son organisation dans le projet. PC-Solidarity et d’autres entreprises comme Microsoft contribuent également financièrement au projet.
Après le lancement du projet mardi matin, le Prince Philippe est allé visiter l’ASBL Arktos qui guide des jeunes socialement vulnérables. Il a d’abord assisté à une formation en informatique et sur Internet et a ensuite pris part à une réunion de travail, avec différents chefs d’entreprises qui participent à Close the Gap, sur comment entreprendre de manière socialement responsable.
Participer à la société de l’information
Du 30 novembre au 2 décembre 2008 se tiennent à Vienne (Autriche) une Conférence et une exposition sur l’e-inclusion.
Ceci fait partie de l’initiative i2010 de la Commission Européenne pour développer l’accès aux nouvelles technologies, suite à la Conférence de Riga (dont on trouvera la déclaration des Ministres en français ici ; .pdf)
Dans un document accessible en ligne (français ; .doc), la Commission Européenne définit ainsi les progrès à faire :
| Les progrès dans la réalisation des objectifs de la déclaration ministérielle de Riga
Utilisation d’internet : réduire de moitié les écarts entre la moyenne de la population de l’UE et les personnes âgées, les personnes handicapées, les groupes à faible niveau d’études, les chômeurs et les régions « en retard de développement ». Des écarts importants persistaient à la fin de 2006 entre la moyenne de la population de l’UE-27 (45% d’utilisateurs réguliers d’internet) et certaines catégories, notamment les personnes de plus de 65 ans (10% d’utilisateurs d’internet), les personnes économiquement inactives (17% d’utilisateurs d’internet), les personnes à bas niveau d’études (25% d’utilisateurs d’internet). Les projections indiquent que ces disparités ne seront pas résorbées de moitié d’ici 2010. Possibilité d’accès à la large bande : elle doit couvrir plus de 90% de la population. Cet objectif était déjà atteint fin 2006 (89% de la population de l’UE couverte), mais des différences demeurent entre les pays et les régions : ainsi, 70% seulement de la population rurale a accès à la large bande. Culture numérique : réduire de moitié l’écart entre la moyenne de la population de l’UE et certaines catégories menacées d’exclusion. Des écarts importants persistaient à la fin de 2006 entre la moyenne de la population de l’UE-27(59% possède un niveau de base de culture numérique) et certaines catégories, notamment les personnes de plus de 65 ans (17% seulement possède une culture numérique), les personnes économiquement inactives (27%), les personnes à bas niveau d’études (35%). Accessibilité des sites internet publics : tous les sites publics doivent se conformer aux lignes directrices 1.0 concernant l’accessibilité du contenu du Web, ce qui est particulièrement important pour les handicapés. Cet objectif était encore loin d’être réalisé à la fin de 2006 (les sites publics contrôlés pleinement conformes à ces lignes directrices étaient minoritaires). |
Si on comprend bien, il s’agit de "faire entrer" le maximum de personnes dans un système qui existe déjà et que personne n’est prêt à remettre en cause.
Dans les projets menés avec les familles les plus pauvres, on voit bien que c’est l’inverse qu’il faut faire : partir de ce qui est important pour les personnes concernées, et, de là, bâtir un ensemble plus vaste...
Mais, manifestement la Commission européenne a renoncé à lutter contre la pauvreté pour se contenter de faire de l’e-inclusion "de ceux qui le désirent", comme indiqué dans le texte cité.
L’Internet belge, créateur de pauvreté ?
L’usage des ordinateurs et d’Internet prend de plus en plus de place au travail, à l’école, dans les loisirs. On peut y trouver de l’information, s’instruire, faire des démarches administratives, passer commande, s’échanger des nouvelles et communiquer avec d’autres, écouter de la musique,... et même pour certains travailler à distance... Pour les familles qui ont le plus difficile, ce n’est pas le matériel qui est coûteux, mais les connections.
L’émission "Questions à la une" du 16 avril s’interrogeait sur le coût élevé de l’Internet en Belgique. Voici un résumé de ce qui s’y est dit : actuellement, en Belgique, il y a deux entreprises qui dominent largement le marché. C’est un "duopole". L’écart entre le coût réel de l’Internet (qui diminue sans arrêt) et ce que ces entreprises facturent (qui reste stable) grandit. L’Etat est l’actionnaire principal d’une de ces entreprises. Ce qu’il y gagne alimente le budget du gouvernement. D’un autre côté, l’organisme chargé de réguler le marché est accusé dans l’émission de ne pas être indépendant. Et la Commission européenne n’est pas intervenue sur ce point, alors qu’elle intervient normalement chaque fois qu’il y a monopole et que la concurrence ne joue pas.
Quelles sont les conséquences de ces coûts élevés (trois fois les prix en France pour des services moindres) ? Elles pèsent tout d’abord sur les indépendants et les entreprises qui ne sont pas à égalité avec leurs concurrents européens.
Mais elles pèsent aussi sur les associations (qui se multiplient dans d’autres pays) pour "vulgariser" et développer les usages de l’Internet. Comme ces associations ont peu de moyens et que les coûts des connections à Internet pèsent dans leur budget, elles limitent leur champ d’action. Elles ne peuvent pas non plus profiter de tarifs préférentiels comme ceux qui ont été mis en place par des pays qui cherchent à ce que l’Internet soit accessible à tous (tarifs "éducation", tarifs pour chômeurs ou minimexés,...).
Et pour les plus pauvres ? Le projet "Internet de rue" [1], mené en France entre 2004 et 2006, a montré que les personnes les plus pauvres sont comme tout le monde. Si elles en ont l’occasion, elles utilisent Internet de la même façon... et souvent, c’est même "un plus" pour elles (recherche d’emploi, de logement, d’information,...). Sur le plan matériel, ce qui leur fait obstacle, ce sont surtout la disponibilité (comment se connecter quand on n’a pas de ligne téléphonique ou de courant électrique ?) et le prix des connections.

Mais le plus grave, c’est le retard énorme pris par ces familles qui, aujourd’hui n’utilisent pas l’ordinateur et donc Internet pour intégrer une société qui se transforme. Car, ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement de manipuler une machine. C’est, pour ces familles, d’accompagner leurs enfants dans leur parcours scolaire, d’entrer dans un mode de communication, de s’approprier un outil sur le plan professionnel, social, culturel,... et surtout de pouvoir y participer, de pouvoir y créer des contenus, y partager leurs savoirs au-delà des frontières. Comme on le dit dans les enceintes internationales, participer à la "société de communication".
Cette situation, aujourd’hui en Belgique, barre l’accès à l’avenir de milliers de familles et accroît encore plus le fossé qui sépare riches et pauvres. Les quelques mesures mises en place par l’Etat ne servent à rien... tant que les citoyens ne peuvent réellement en profiter dans leur vie de tous les jours.
Jean-Pierre Pinet
L’Inde prend de l’avance
Titre : L’Inde se donne deux ans pour fabriquer un ordinateur à 10 dollars Source : Le Monde Date : 19 mai 2007
Après avoir comercialisé effectivement un ordinateur à 49 euros, l’Inde se donne le défi d’un ordinateur à 10 $.
Une belle démontration qu’une volonté politique peut conduire à une baisse des prix de vente du matériel.
Evidemment, le prix du matériel seul ne suffit pas puisque l’article conclut : "Toutefois, la réussite du PC à 10 dollars en Inde ne relève pas seulement d’une prouesse industrielle ou technologique. Pour que les enfants puissent utiliser l’ordinateur, comme le gouvernement local le souhaite, encore faut-il qu’ils sachent lire et écrire. Or, 25 % ne fréquentent pas l’école primaire. En Inde, 40 % des habitants sont illettrés."
Où trouver un ordinateur pas cher ?
Depuis plusieurs années, de nombreuses associations se sont créées pour lutter contre "la fracture numérique" et se sont lancées dans le recyclage d’ordinateurs de seconde main.
Il en existe de très nombreuses qui récupèrent des ordinateurs et les donnent ou les revendent à des associations, des collectivités, que ce soit au Nord ou au Sud. Cependant, relativement peu s’intéressent aux particuliers ayant peu de moyens.
Je voudrais ici particulièrement souligner le travail de l’association "solidarité informatique" dans le Nord-Pas de Calais. Son but affiché est "d’initier à l’outil informatique toute personne de milieu défavorisé avec don d’ordinateur" et ses convictions sont que "nous sommes convaincus que la connaissance de l’ informatique pour les plus défavorisés est indispensable à leur insertion sociale, professionnelle et culturelle (et) que le savoir aide à l’ insertion".
Quelques Mairies en France ont aussi fait des opérations ponctuelles à destination de particuliers, comme le signale cet article d’Agoravox à propos d’Issy-les-Moulinaux.
En Belgique, c’est Oxfam-solidarité Informatique qui a créé un réseau de vente d’ordinateurs de seconde main, intégré à son réseau existant.
Voir l’article de Philippe Allard
ou la page d’Oxfam-Belgique
D’autres prêtent des ordinateurs.
L’OSIPT (Opération Solidarité Informatique Pour Tous), de l’ARGI (Association Régionale Gestionnaire de Structure d’Insertion) vise à "prêter un ordinateur d’initiation à toutes les personnes qui désirent se former à l’informatique et qui ne possèdent pas les moyens financiers suffisants pour s’acheter, voire louer, du matériel. L’initiative concerne aussi bien les jeunes étudiants, que les personnes sans emploi, les bénéficiaires du RMI, certaines personnes agées ou les familles à revenu modeste".
Ils sont présents dans plusieurs départements... mais vérifications faites sont difficiles à joindre, souvent par téléphone en ligne payante...
Il y a sûrement d’autres initiatives. Je ne prétends pas avoir tout repéré ! Peut-être d’ailleurs que certains voudront en signaler ? Je suis prêt à compléter cet article !!!
Un geste de la part de Google pour réduire la fracture numérique
de VUNet axctualités :
"Google va fournir des outils de messagerie électronique et de voix sur IP à des universités au Kenya et au Rwanda. Le moteur de recherche a passé un partenariat avec le ministère rwandais des infrastructures et le Réseau éducatif du Kenya pour leur fournir son application de logiciel en ligne Apps. Les étudiants et les membres du gouvernement rwandais auront ainsi accès aux outils en ligne tels que les calendriers, la messagerie instantanée et le traitement de texte."
Un geste certes, mais peut-être aussi un coup de pub qui se donne des apparences humanitaires, quoique ne prenant guère de risque puisque s’adressant à des universitaires...
A l’époque des logiciels libres, peut-être aurait-il été plus utile de baisser lles coûts de connexion sur Internet ?
Petites communes contre fracture numérique
Alors que les grandes villes de France sont de plus en plus équipées par les opérateurs nationaux, les "zones blanches" - c’est-à-dire non couvertes parce que jugées non rentables - se multiplient... On peut voir l’exemple de Liévin.
Dans un article, 20Minutes signale l’engagement des petites comunes : "Pour contrer cette fracture numérique, les collectivités viennent prendre le relais des opérateurs en finançant ou en aidant certains projets. C’est le cas à Sauliac-sur-Célé, petite commune du Lot, non éligible aux offres traditionnelles. Ses internautes peuvent depuis février se connecter au haut-débit grâce au wi-fi. La commune a répondu à l’appel à projet du conseil régional, qui a mis en place une enveloppe financière pour aider les 760 communes « oubliées » ou mal desservies."
Le rôle des collectivités - ou de l’Etat - semble s’avérer nécessaire pour contre-balancer les effets du marché...
Bilan mitigé du cartable électronique dans l’Isère (France)
Dans un article du 5 mars 2007 publié dans l’Infobourg, Lucie donnat dresse un bilan très mitigé de cette mise en oeuvre du cartable électronique.
"Globalement, le rapport note que « l’utilisation des Espaces Numériques de Travail (ENT) au collège pose de nombreuses difficultés aux enseignants pour des raisons de différente nature : informatique, organisationnelle, politique, socio-économique et pédagogique. Différentes recherches montrent que les enseignants n’exploitent pas encore pleinement les potentialités des ENT ». Cette étude menée auprès d’enseignants isérois vient confirmer et renforcer cette constatation. L’appropriation par les enseignants n’est pas naturelle et provoque bien des changements dans leur manière d’enseigner et leur statut d’enseignant." En outre, "les ordinateurs n’ont été utilisés que dans les collèges et ne sont pas entrés dans les familles. « L’usage extra-scolaire pour le soutien et l’accompagnement n’a été que très rarement mis en place et l’objectif initial n’a pas été atteint de ce point de vue. En conséquence, les deux types de logique (scolaire et équipement) sont entrées en contradiction », indique le rapport de l’INRP."
Centrafrique : témoin de l’accentuation de la fracture entre le nord et le sud ?
Dans une tribune libre intitulée " : Comment les Opérateurs de Télécommunications des pays riches, en particulier ceux de l’Union Européenne, assassinent-ils le Développement National des Télécommunications des Pays Africains ? Une re-colonisation annoncée : l’exemple de la Gateway Internationale Unique de la République Centrafricaine", Fidèle GOUANDJIKA, Ministre des Postes et Télécommunications Chargé des Nouvelles Technologies de la Centrafrique dresse un bilan de la situation.
L’effondrement des prix, contrôlés par les opérateurs du Nord appauvrit en ressources ceux du sud : "cette concurrence brutale et non maîtrisée sur l’accès à l’international a permis une baisse drastique des prix des appels internationaux au bénéficie des consommateurs des pays riches, mais en appauvrissant nos opérateurs nationaux. Cette concurrence continue de freiner les projets de déploiement des réseaux fixe et mobile sur notre territoire, et n’a même pas permis de baisse des prix pour les utilisateurs déjà raccordés aux réseaux existants."
"Les prix se sont effondrés et la stratégie des opérateurs des pays développés a été d’encourager cet effondrement en favorisant ainsi leur maison mère au détriment même de leur filiale locale : saviez-vous que dans la plupart des cas, il est plus cher pour un abonné français au téléphone fixe d’appeler un abonné mobile français que d’appeler un abonné mobile de Centrafrique ?"
Les axes d’actions du dernier Sommet Mondial sur la Société de l’Information ne seraient-ils que des voeux pieux face à la jungle de la concurrence "dérégulée" ?
Lire l’article sur le site de la CDSPTT
Lire l’article sur Africatime
Lire l’article sur Burkina-NTIC


