Thèmes: fracture numérique
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"Internet dans la Cour", projet d’ATD Quart Monde
Après le projet "Internet de rue" (France 2003/2006), en s’appuyant sur une dynamique forte qui rassemble de très nombreux jeunes en Pologne, le Mouvement ATD Quart Monde y bâtit le projet " Internet dans la cour ".
Le projet 2009-2010 d’ATD Quart Monde-Pologne intitulé "Internet dans la cour !" vise à introduire des temps d’accès à l’Internet dans les projets de "bibliothèques de rue" menées en Pologne. Ce projet s’inspire de l’engagement d’ATD Quart Monde depuis le début des années 80 à donner aux populations les plus défavorisés l’accès aux outils des TIC : micro-informatique, puis Internet...
Pour réaliser ce projet, ATD Quart Monde-Pologne cherche des partenaires et un soutien initial de 3000 Euros pour faire l’acquisition du matériel de base pour la phase pilote du projet.
Projet signalé aussi sur le blog de Laurent Jerinte
9.000 PC pour combler la fracture numérique en Belgique
PC-Solidarity compte, avec le soutien financier de DNS BE, le gestionnaire des noms de domaines .be, mettre au cours des trois prochaines années 9.000 ordinateurs à disposition de projets éducatifs destinés aux personnes défavorisées afin de réduire la fracture numérique en Belgique.
L’initiative a été lancée mardi dans les locaux de l’ASBL Arktos à Louvain en présence du Prince Philippe.
Selon une enquête, près de 2 millions de Belges n’ont jamais utilisé un ordinateur et 2,6 millions n’auraient même jamais surfé sur Internet. La fracture numérique touche principalement la population inactive, à savoir 40 % des chômeurs et 2/3 des plus de 55 ans. Le niveau d’enseignement joue également un rôle puisque près de 60 % des personnes peu scolarisées n’ont jamais utilisé Internet.
PC-Solidarity a lancé lundi un appel à projets. La Fondation Roi Baudouin se charge de la sélection des candidats. Le premier projet débutera le 19 mars. Le deuxième sera lancé en septembre. Ont le droit de se présenter : les organisations socio-éducatives spécialisées en groupes défavorisés comme les organisations d’aide sociale et de pauvreté, les encadrements de jeunes, les projets de création d’emplois et les centres de formation. Durant la phase pilote, 500 ordinateurs ont déjà été installés. Mais PC-Solidarity s’occupe aussi de la formation et du soutien.
PC-Solidarity est la filiale belge de Close the Gap, une organisation créée il y a 5 ans par des étudiants de la VUB, et dont les activités s’étendent au Bénélux, à l’Allemagne et à la France. Olivier Vanden Eynde de PC-Solidarity a déclaré dimanche espérer que le projet permettra de réconcilier 250.000 Belges avec Internet. Piet Spiessens de DNS BE, a par contre refusé de révéler le montant de l’investissement de son organisation dans le projet. PC-Solidarity et d’autres entreprises comme Microsoft contribuent également financièrement au projet.
Après le lancement du projet mardi matin, le Prince Philippe est allé visiter l’ASBL Arktos qui guide des jeunes socialement vulnérables. Il a d’abord assisté à une formation en informatique et sur Internet et a ensuite pris part à une réunion de travail, avec différents chefs d’entreprises qui participent à Close the Gap, sur comment entreprendre de manière socialement responsable.
Participer à la société de l’information
Du 30 novembre au 2 décembre 2008 se tiennent à Vienne (Autriche) une Conférence et une exposition sur l’e-inclusion.
Ceci fait partie de l’initiative i2010 de la Commission Européenne pour développer l’accès aux nouvelles technologies, suite à la Conférence de Riga (dont on trouvera la déclaration des Ministres en français ici ; .pdf)
Dans un document accessible en ligne (français ; .doc), la Commission Européenne définit ainsi les progrès à faire :
| Les progrès dans la réalisation des objectifs de la déclaration ministérielle de Riga
Utilisation d’internet : réduire de moitié les écarts entre la moyenne de la population de l’UE et les personnes âgées, les personnes handicapées, les groupes à faible niveau d’études, les chômeurs et les régions « en retard de développement ». Des écarts importants persistaient à la fin de 2006 entre la moyenne de la population de l’UE-27 (45% d’utilisateurs réguliers d’internet) et certaines catégories, notamment les personnes de plus de 65 ans (10% d’utilisateurs d’internet), les personnes économiquement inactives (17% d’utilisateurs d’internet), les personnes à bas niveau d’études (25% d’utilisateurs d’internet). Les projections indiquent que ces disparités ne seront pas résorbées de moitié d’ici 2010. Possibilité d’accès à la large bande : elle doit couvrir plus de 90% de la population. Cet objectif était déjà atteint fin 2006 (89% de la population de l’UE couverte), mais des différences demeurent entre les pays et les régions : ainsi, 70% seulement de la population rurale a accès à la large bande. Culture numérique : réduire de moitié l’écart entre la moyenne de la population de l’UE et certaines catégories menacées d’exclusion. Des écarts importants persistaient à la fin de 2006 entre la moyenne de la population de l’UE-27(59% possède un niveau de base de culture numérique) et certaines catégories, notamment les personnes de plus de 65 ans (17% seulement possède une culture numérique), les personnes économiquement inactives (27%), les personnes à bas niveau d’études (35%). Accessibilité des sites internet publics : tous les sites publics doivent se conformer aux lignes directrices 1.0 concernant l’accessibilité du contenu du Web, ce qui est particulièrement important pour les handicapés. Cet objectif était encore loin d’être réalisé à la fin de 2006 (les sites publics contrôlés pleinement conformes à ces lignes directrices étaient minoritaires). |
Si on comprend bien, il s’agit de "faire entrer" le maximum de personnes dans un système qui existe déjà et que personne n’est prêt à remettre en cause.
Dans les projets menés avec les familles les plus pauvres, on voit bien que c’est l’inverse qu’il faut faire : partir de ce qui est important pour les personnes concernées, et, de là, bâtir un ensemble plus vaste...
Mais, manifestement la Commission européenne a renoncé à lutter contre la pauvreté pour se contenter de faire de l’e-inclusion "de ceux qui le désirent", comme indiqué dans le texte cité.
L’Inde prend de l’avance
Titre : L’Inde se donne deux ans pour fabriquer un ordinateur à 10 dollars Source : Le Monde Date : 19 mai 2007
Après avoir comercialisé effectivement un ordinateur à 49 euros, l’Inde se donne le défi d’un ordinateur à 10 $.
Une belle démontration qu’une volonté politique peut conduire à une baisse des prix de vente du matériel.
Evidemment, le prix du matériel seul ne suffit pas puisque l’article conclut : "Toutefois, la réussite du PC à 10 dollars en Inde ne relève pas seulement d’une prouesse industrielle ou technologique. Pour que les enfants puissent utiliser l’ordinateur, comme le gouvernement local le souhaite, encore faut-il qu’ils sachent lire et écrire. Or, 25 % ne fréquentent pas l’école primaire. En Inde, 40 % des habitants sont illettrés."
L’Internet à bas prix, un nouveau pas pour réduire la fracture numérique
D’après les développeurs et les dirigeants de grandes entreprises mondiales du secteur des nouvelles technologies qui ont participé hier [1er mars 2007] à une réunion avec des représentants gouvernementaux, des militants et des représentants des Nations Unies, baisser les coûts d’accès à Internet pourrait déclencher un mouvement similaire à celui qui a permis de démocratiser l’utilisation du téléphone mobile dans les pays en développement.
Un geste de la part de Google pour réduire la fracture numérique
de VUNet axctualités :
"Google va fournir des outils de messagerie électronique et de voix sur IP à des universités au Kenya et au Rwanda. Le moteur de recherche a passé un partenariat avec le ministère rwandais des infrastructures et le Réseau éducatif du Kenya pour leur fournir son application de logiciel en ligne Apps. Les étudiants et les membres du gouvernement rwandais auront ainsi accès aux outils en ligne tels que les calendriers, la messagerie instantanée et le traitement de texte."
Un geste certes, mais peut-être aussi un coup de pub qui se donne des apparences humanitaires, quoique ne prenant guère de risque puisque s’adressant à des universitaires...
A l’époque des logiciels libres, peut-être aurait-il été plus utile de baisser lles coûts de connexion sur Internet ?
Petites communes contre fracture numérique
Alors que les grandes villes de France sont de plus en plus équipées par les opérateurs nationaux, les "zones blanches" - c’est-à-dire non couvertes parce que jugées non rentables - se multiplient... On peut voir l’exemple de Liévin.
Dans un article, 20Minutes signale l’engagement des petites comunes : "Pour contrer cette fracture numérique, les collectivités viennent prendre le relais des opérateurs en finançant ou en aidant certains projets. C’est le cas à Sauliac-sur-Célé, petite commune du Lot, non éligible aux offres traditionnelles. Ses internautes peuvent depuis février se connecter au haut-débit grâce au wi-fi. La commune a répondu à l’appel à projet du conseil régional, qui a mis en place une enveloppe financière pour aider les 760 communes « oubliées » ou mal desservies."
Le rôle des collectivités - ou de l’Etat - semble s’avérer nécessaire pour contre-balancer les effets du marché...
De l’illettrisme à "l’analphabétisme informatique"
L’accroissement des écarts de développement, la pression des entreprises ne vont-ils pas conduire à un marquage encore plus fort de tous ceux qui, au Nord comme au Sud, n’auront pas les moyens de prendre "le train de l’informatique" ?
Les mots pèsent leur poids. Dans un article "Maroc : L’analphabétisme informatique, une réalité dans nos entreprises", paru dans Libération de Casablanca et publié sur allAfrica, Mohamed Kadimi fait clairement le lien entre l’analphabétisme existant (ne pas savoir lire, écrire, compter) et la nécessité pour le pays tout entier non seulement de s’équiper, mais aussi de "s’alphabétiser numériquement".
Au-delà de l’effet littéraire d’un titre, n’est-ce pas le marquage, la désignation comme analphabète qui, une fois de plus, va condamner les plus faibles à l’exclusion ?
Lirel’article : "Maroc : L’analphabétisme informatique, une réalité dans nos entreprises"
Centrafrique : témoin de l’accentuation de la fracture entre le nord et le sud ?
Dans une tribune libre intitulée " : Comment les Opérateurs de Télécommunications des pays riches, en particulier ceux de l’Union Européenne, assassinent-ils le Développement National des Télécommunications des Pays Africains ? Une re-colonisation annoncée : l’exemple de la Gateway Internationale Unique de la République Centrafricaine", Fidèle GOUANDJIKA, Ministre des Postes et Télécommunications Chargé des Nouvelles Technologies de la Centrafrique dresse un bilan de la situation.
L’effondrement des prix, contrôlés par les opérateurs du Nord appauvrit en ressources ceux du sud : "cette concurrence brutale et non maîtrisée sur l’accès à l’international a permis une baisse drastique des prix des appels internationaux au bénéficie des consommateurs des pays riches, mais en appauvrissant nos opérateurs nationaux. Cette concurrence continue de freiner les projets de déploiement des réseaux fixe et mobile sur notre territoire, et n’a même pas permis de baisse des prix pour les utilisateurs déjà raccordés aux réseaux existants."
"Les prix se sont effondrés et la stratégie des opérateurs des pays développés a été d’encourager cet effondrement en favorisant ainsi leur maison mère au détriment même de leur filiale locale : saviez-vous que dans la plupart des cas, il est plus cher pour un abonné français au téléphone fixe d’appeler un abonné mobile français que d’appeler un abonné mobile de Centrafrique ?"
Les axes d’actions du dernier Sommet Mondial sur la Société de l’Information ne seraient-ils que des voeux pieux face à la jungle de la concurrence "dérégulée" ?
Lire l’article sur le site de la CDSPTT
Lire l’article sur Africatime
Lire l’article sur Burkina-NTIC
Télécentres au Sénégal : 50 milliards de chiffre d’affaire
Dans un article du 17 février 2007, A. Thiam, journaliste au Soleil écrivait : "Aujourd’hui, au Sénégal, les 18 500 télécentres comptent 25 000 lignes téléphoniques et ont créé 30 000 emplois et génèrent 50 milliards de recettes, soit 33 % du chiffre d’affaires de la Sonatel.
Cette information a été livrée lors d’une rencontre organisée par l’union nationale des exploitants de télécentres et téléservices du Sénégal (Unets) qui s’est tenue à Mbour, sur le thème central “ les télécommunications au Sénégal : de la fracture à la révolution du numérique par les télécentres ”.
Cette réunion a été une occasion pour l’Unets de se pencher sur l’avenir face aux défis. Plusieurs communications ont été présentées par des spécialistes notamment le professeur Abdoulaye Sakho, président du Conseil de régulation de l’Artp, Amadou Top du Fonds de solidarité numérique (Fsn), les présidents des associations consuméristes, le représentant de la Sonatel, etc."
L’apport des télécentres n’est vraiment pas négligeable... mais de là à leur laisser la mission de résorber la fracture numérique (et sociale ?), il y a un pas ! Le franchir, ne serait-ce pas reconnaître la démission totale de l’Etat vis-à-vis de ses responsabilités concernant les plus vulnérables de ses citoyens ?


