-recherche avancée

Publics éloignés

France Telecom lance un forfait à 10€ pour les plus démunis

Dans un article récent, le PDG de France Telecom annonce des tarifs ’avantageux’ pour les plus démunis, allocataires de minimas sociaux : forfait bloqué à 10 €, mobiles recyclés, offre triple-play,...

En effet, devant la disparition quasi complète du "service public" dans le domaine de la téléphonie et son remplacement par une unique logique de marché et donc de profits, il a bien fallu que l’usager s’adapte, à plus forte raison s’il était pauvre !

On sait, depuis longtemps, que les téléphones portables ont fait "un tabac" chez ceux qui ont le plus difficile ! Contrairement au téléphone fixe, il est possible de téléphoner en fonction de l’argent dont on dispose (cartes pré-payées) et surtout, il n’y a plus tous les frais afférents aux lignes fixes : frais de coupure, de rétablissement de ligne, etc... De plus, ces téléphones portables sont devenus indispensables dans les quartiers et les cités où les téléphones publics ont disparu.

Non seulement le téléphone portable est utile pour l’emploi, mais aussi pour contacter l’assistante sociale, faire différentes démarches... voire est une sécurité pour des personnes dont la santé est fragile. Il a également permis de resserrer (parfois trop !!!) les liens entre membres de la famille, avec les enfants placés, etc...

Mais est-ce que cette nouvelle offre va intéresser vraiment les plus pauvres ? Pas sûr ! C’est totalement différent d’acheter une carte quand on a de l’argent... ou de voir son forfait bloqué après 40 minutes (pas très long, 40 minutes quand on regarde en rue autour de soi) ! Ce qui aurait vraiment été une chance pour ceux qui ont le plus difficile, c’est de baisser les tarifs généraux ! Quand on sait, par exemple, ce que ces sociétés ont gagné grâce aux ententes ou au roaming, le "tarif social" ressemble plus à un coup de pub qu’autre chose !

Quant aux mobiles recyclés, pourquoi faut-il qu’ils soient nécessairement "pour les pauvres" ? Alors que, justement, tout l’intérêt est d’être comme les autres... et d’avoir accès aux mêmes droits que les autres.
Ainsi les personnes qui habitent hors des zones urbanisées, à l’écart sont aussi celles qui souvent n’ont pas l’électricité et sont mal couvertes par les ondes, comme nous l’avions remarqué lors du projet "Internet de rue". Il aurait dès lors été plus utile d’étendre la couverture du réseau jusqu’à toucher ces personnes...

L’avenir dira ce qu’il en est...

Posté le 13 mai 2009 par Jean Pierre Pinet