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Pays en développement et diffusion des TIC

Solidarité numérique : un ordinateur portable pour chaque enfant

Sources : Interdépendances n°62 - troisième trimestre 2006/republié dans ANIS

Date : septembre 2006

Résumé : Alors que près de 50 % des foyers occidentaux ont un ordinateur, on constate que la situation dans les pays émergents est loin d’être aussi idyllique. L’exemple le plus frappant est celui du continent africain, qui ne représente que 2 % des internautes alors qu’il représente 12 % de la population mondiale. Or de nombreuses études démontrent que l’accès à l’éducation et à la culture des plus jeunes est primordial pour le développement économique, démocratique et social d’un pays. De nombreuses ONG, associations et gouvernements se sont attelés à fournir ces technologies à une majorité de personnes, en mettant en place de vastes programmes. Il s’agit de permettre au plus grand nombre d’accéder à cette culture, à ces informations. Une équipe du MIT (Massachusetts Institute of Technology) aux Etats-Unis, autour du chercheur Nicolas Negroponte, s’est lancée dans une initiative très ambitieuse : doter le plus d’enfants possible d’un ordinateur portable dans l’objectif de « donner aux enfants à travers le monde de nouvelles opportunités d’explorer, d’expérimenter et de s’exprimer . Structurée autour d’une association à but non lucratif, l’équipe de Nicholas Negroponte a tenté de faire face aux nombreuses contraintes de ce projet et a pu présenter, en janvier 2005, lors du forum économique mondial de Davos en Suisse, le « One Laptop Per Child project » (OLPC). L’Inde et le Brésil ont été très intéressés dès le départ. Mais de nombreux observateurs se sont montrés réservés quant à la faisabilité de ce projet. En effet, comment prétendre mettre à disposition un ordinateur pour chaque enfant, alors que les gouvernements de ces pays ne sont pas forcément à même de pouvoir payer une éducation à ces enfants. Le prix moyen d’un ordinateur est aussi une entrave à la mise en place de ce projet. La principale contrainte a donc été de réaliser un ordinateur coûtant le moins cher possible, sans être un sous-produit, permettant de naviguer sur Internet, d’envoyer des mails, de faire du traitement de texte, du tableur, de consulter une encyclopédie. La deuxième contrainte a bien sûr été de s’adapter aux infrastructures existantes, à savoir la faiblesse des réseaux téléphoniques et électriques. Sur la contrainte de prix tout d’abord, l’équipe est partie du principe que pour limiter au maximum le coût de la production, il fallait tout d’abord réaliser des économies d’échelles. L’OLPC a donc proposé que ce produit soit acheté en très grandes quantités par les gouvernements (le Brésil a par exemple commandé 15 millions d’ordinateurs il y a quelques semaines), pour être ensuite distribué dans les écoles. OLPC s’est tout naturellement tourné vers le monde du « libre », que ce soit pour la partie système d’exploitation avec Linux, ou pour la partie logicielle. Reste l’épineux problème de la présence d’électricité. En effet, dans de nombreux pays, on est encore loin de trouver des prises électriques partout... C’est pourquoi l’équipe du Media Lab a mis en place, en parallèle d’une alimentation traditionnelle par secteur, un système astucieux de recharge de la batterie grâce à une manivelle qui, actionnée par l’utilisateur pendant une minute, permet une autonomie d’une dizaine de minutes. Les équipes de l’OLPC ont aussi planché sur un écran révolutionnaire qui s’adapte à la luminosité ambiante et qui permet de réduire ainsi la consommation électrique. Des chercheurs français ont aussi eu l’idée de mettre en place des lampadaires reliés par ondes radios et dotés de panneaux solaires, d’une borne WIFI et de prises électriques. Ce système a un potentiel énorme : relié par ondes hertziennes à Internet, ce réseau de pylônes développe un maillage assez serré d’accès Internet, qui permet à la population de se connecter. Les premiers pylônes devraient être construits à Douala, au Cameroun, à la rentrée 2006, et des accords de partenariats sont en cours avec le Qatar, la Chine, le Nigeria... Finalement, ces contraintes inhérentes au faible pouvoir d’achat des pays concernés et à l’insuffisance des infrastructures locales ont amené les chercheurs à trouver des solutions en parfaite adéquation avec une optique de développement durable, avec une utilisation des énergies renouvelables, une adéquation entre besoins et services... Un modèle à suivre dans le domaine des nouvelles technologies en France ?

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Posté le 19 septembre 2006